J'suis en train de perdre la façade, le paysage de mon visage ne cache plus.
Les yeux sont en pluie. Réchauffement de l'atmosphère qu'on m'dit, j'sais pas. J'ai des intempèries sous les paupières, et putain elles sont de plus en plus fréquentes. On m'dit qu'elles viennent du coeur les gouttes de pluie, j'sais pas.
J'y vois que du sang.
C'est pas là que j'ai mal, un peu au dessus de l'estomac, un peu en dessous du truc où on range les poumons, tu vois?
C'est quoi?
Putain j'ai débourré pourtant.
La carapace a sautée.
La sensibilité l'a submergée, j'l'avais pourtant bien maîtrisée cette conne, jl'avais déguisée, ouais planquée sous un masque, comme tout le monde.
Tiens vous avez remarqué, c'est le carnaval tous les jours. Chacun se ballade avec son masque, fier d'avoir le même que les autres. Ils sont pathétiques, pitoyables plutôt, ouais, pitoyables. Puis tout à débordé, la mer intérieure a eu des envie d'océans, mon réservoir perso est trop petit pour ça, alors forcément ça outrepasse mes frontières occulaires... La sensibilité a pris la mer, elle voulait qu'on la voit apparement...
Le jeu de carte est devenu un château. Le château a l'équilibre fragile, une carte dégage et tout son équilibre en sera compromis. J'me rends compte que la vie ne tient qu'à un fil, que putain que j'y tiens aux gens que j'aime, que ma vie ne tient qu'à leur fil, que putain qu'il est fragile ce fil... s'il casse j'fais quoi moi? Faut que je fasse tout pour eux, pour mes grands parents... des gens bien, et les autres aussi mais là je pensais à eux, des gens si bien, une périphérie si pourrie, j'veux être leur bouée de sauvetage, ué j'y arriverais.

